Yuksek

Cinq ans après l’album « Living on the Edge of Time », le dj français, natif de Reims,  fait son retour avec « Sweet Addiction ». Un EP 5 titres entre pop, house, disco et Soul. (TEMPS DE LECTURE : 1 min 10)

0005475701_350On ne va pas se mentir, s’intéresser à Yuksek est un réel plaisir. Le garçon est fascinant à la fois par sa musique et sa façon de la voir. Trois idées ressortent en permanence : 1 – Son ouverture d’esprit à tous les genres musicaux, 2 – Sa grande force de travail et 3 – Sa simplicité et sa maturité artistique. Un artiste, un vrai, qui a déjà de nombreuses années de carrière derrière lui. 

Aux yeux du grand public, la carrière de Yuksek démarre en 2008 avec la sortie du titre « Tonight ». Ambiance électro futuriste, le titre ravit en quelques mois bon nombre de mélomanes. Il n’en fallait pas plus pour le comparer à Justice et Daft Punk. En réalité, la carrière de l’artiste avait déjà commencé depuis une dizaine d’années avec de nombreuses mixtapes et des collaborations (Ghostface Killah, Kaisier Chiefs, M83 ou encore Booba).Des collaborations qu’il poursuivra et qu’il poursuit encore. Petite liste non exhaustive : Lana Del Rey, Birdy Nam Nam, Gossip ou encore Lady Gaga. 

Après « Tonight », 2ème succès avec « Extraball ». Le titre en featuring avec Amanda Black sera utilisé dans de nombreuses pubs. L’orientation est plus pop rock électro. Une tendance confirmée quelques mois plus tard avec la sortie de l’album « Living on the Edge of Time ». Véritable carton, l’opus est encore aujourd’hui une référence pour de nombreux djs. Depuis quelques jours ( et après 5 ans de travail sur différents projets), il dévoile son nouvel EP  » Sweet Addiction ». Le résultat est à la hauteur de l’attente. 

Ce onzième EP, publié sur Partytime (un nouveau label qu’il a lui-même fondé) distille, à longueurs de titres, des vibes disco, soul et pop élégantes. On y retrouve quelques chouettes invités, comme la chanteuse grecque Monika (Take It Easy), qui nous avait emballés en novembre 2015 avec son album Secret in the Dark, ainsi que le duo rennais Her (Sweet Addiction). Dans un style plus aérien, plus léger que d’habitude, Yuksek confirme également ses talents de chanteurs.

Les arrangements sont extrêmement raffinés. Le travail en studio a été méticuleux et ses interviews confirment l’impression d’écoute : cette étape de fabrication est très importante pour lui, quasiment la plus intéressante. En résumé, n’hésitez pas une seconde, cet EP va compléter votre playlist estivale. 

LIVE DE LA SEMAINE – Sweet Addiction 

S-Crew

S-Crew : Le retour tant attendu 

3 ans après « Seine Zoo », le groupe parisien S-Crew est de retour depuis quelques jours avec l’album « Destins Liés ». Dans une ambiance beaucoup plus trip-hop, dark, la bande menée par la star Nek-feu va certainement diviser plus qu’avant. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Chacun se fera son opinion mais rien d’étonnant, c’est un 2ème album. (TEMPS DE LECTURE : 1 min 30).

1540-1

2013, Nekfeu, Framal, Mekra et 22Zer débarquent aux yeux du grand public avec le titre « La Danse de l’Homme Saoul ». Beat et mélodie efficaces, flow novateur respectant les codes du hiphop… il n’en fallait pas plus pour que la machine à succès se déclenche. Un succès mérité qui propulsera Nek-feu dans une autre dimension. Après avoir dévoilé plusieurs clips depuis quelques mois, on attendait avec impatience la sortie du 2ème opus « Destins Liés ». Si on arrivait à dessiner son orientation musicale, il nous en fallait plus pour nous faire un avis général. Résultat : osé, talentueux avec un zeste d’impression mitigé.

Qu’on le veuille ou non sortir un deuxième album ,pour un artiste, est casse-gueule. Encore plus qu’en le premier opus a été unanimement félicité. Si vous faîtes un copier-coller certains vous diront « Bravo », d’autres « Ça sent le réchauffé ». Si vous partez sur une nouvelle ligne directrice certains vous diront « Bravo » et d’autres « L’artiste s’est perdu ». C’est le lot, le jeu et la musique est encore un art subjectif … encore heureux. 

16 titres composent donc ce nouvel opus enregistré à Los Angeles. Première élément, l’ambiance est beaucoup plus dark qu’avant. Dans ce « Destins Liés », les rythmiques ne partent pas dans des grandes envolées et le beat est léché, bien produit . Même tendance pour le flow. Hormis sur quelques titres, le style est slow, volontairement nonchalant, à l’image de ce qui se fait beaucoup aux Etats-Unis actuellement. Bon point ou mauvais point ? Pour notre part, le bilan est moyen +. La sensation de redondance se fait ressentir parfois et il manque ce titre un peu plus joyeux. C’est un choix du groupe et il dénote cependant d’une maturité artistique grandissante.

Côté texte, l’entrepreneuriat est le mettre mot de l’ensemble des textes. Les 4 parisiens mettent en avant leur envie de réussir et leur envie de voir les autres réussir. Les codes sont très urbains mais les messages peuvent en revanche concerner tout le monde. A l’image de 1995 ou de la carrière de Nek-feu, on laisse de côté les querelles communautaires excluantes. C’est une très bonne chose. Le discours est positif et la manière de la dire pourra étonner (mais là aussi c’est la tendance) : délivrer un message positif avec un flow qui sent la procrastination. Le mot tendance est dans notre bouche loin d’être une critique lorsqu’il est adapté avec intelligence. 

En résumé, ce deuxième opus « Destins Liés » est beaucoup moins grand public que le premier. Il aurait même tendance à être excluant. En revanche, il va ravir les amoureux du genre et va certainement cartonner sur la sphère du hiphop underground. Confirmer son style pour laisser en route des fans ou en rendre certains encore plus amoureux …. un 2ème album on vous a dit … 

Coups de coeur : « J’aurai pas dû », « Démarre », « Jusqu’au bout », « Une étoile », « On va le faire ».

Eli Paperboy Reed

Eli Paperboy Reed : Retour aux sourçes

L’américain Eli Paperboy Reed présente depuis Mai son tout dernier opus « My Way Home ». Après une courte période pop avortée, le Soulman revient à ces premiers amours : le gospel et la soul. 11 titres aux airs de libération pour l’esprit et le corps. ( TEMPS DE LECTURE : 1 min 30).

cover_landing_page

On avait quitté Eli Paperboy Reed il y ‘a 2 ans déjà … A l’époque l’américain originaire du Massachussets dévoilait « Nights Like This », un beau projet certes, mais bien loin du niveau de son premier album « Walkin and Talkin » qui l’a révélé en 2007. Conséquence Eli Husock (son vrai nom) décide quelques semaines plus tard d’arrêter sa collaboration avec Warner Bros pour gagner en indépendance. Un schéma souvent classique dans le milieu de la musique mais qui prend encore plus de sens avec lui.

Natif du Massachussets donc, état très religieux, la vie et le parcours d’Eli sonne bon le scénario de film attachant. Né dans une famille juive, il découvre très tôt le gospel et les dimanches à l’église. La musique soul ,et ses codes, il l’apprend avec une maître à pensée dans le domaine :  Chissy Collier.

Quelques années plus tard, il débarque à Chicago avec deux objectifs : faire des études de sociologie et kiffer la musique dans le South Side de la ville. Il n’en fallait pas plus pour que le jeune musicien, à l’époque, décide de ranger les cahiers pour se consacrer à la musique. Une musique qu’il a perfectionné depuis des années avec des succès mais aussi des échecs. L’album « My Way Home » est a rangé dans la première case. Pour être plus clair : c’est certainement son album le plus accompli pour l’instant. 

A l’image de la pochette de l’opus, Eli Paperboy Reed a de nouveau sorti les gants de boxe sur ce projet. Une image symbolique mais qui révèle énormément de travail. L’américain a mouillé la chemise en dehors et à l’intérieur du studio d’enregistrement. L’univers est à la croisé de 4 courants : la Soul, le Gospel, le Rockabilly et le R’n’B avec une base instrumentale classique (orgue, basse, batterie et guitare). Du classique dans le texte mais une originalité permanente sur les 11 titres.

A l’image d’un Charles Bradley, l’Américain pose ses tripes avec des mélodies percutantes même lorsqu’elles sont plus lentes. Ici pas de chichis, ça sent le garage, la Soul comme on l’aime, celle qui pue le vinyle et les brocantes où l’on déniche les bons titres. Un retour aux sources et qui ,en plus, marque une progression dans sa carrière. Coup de chapeau ,au passage, au label Yep Records pour la qualité des arrangements. Certes, deux trois titres n’arrivent pas à nous tenir en haleine durant 3 minutes mais rien de très grave. Des critiques tout à fait minimes tant l’album est un plaisir pour les oreilles. Alleluia Eli est rentré à la maison !

Coups de coeur : « A Few More Days », « Hold Out », « Cut Ya Down », « Eyes On You », « The Strangest Thing », « What Have We Done ». 

LIVE DE LA SEMAINE : « Hold Out » – Live at Union Pool

 

 

YUNG BAE

YUNG BAE : Le remède anti-pluie

Le jeune dj Yung Bae propose depuis Avril son opus « BAE 2 ». A l’image de l’affiche il sent bon le soleil, le funk, le disco et les soirées qui ne se termine pas devant une tisane. Inégal certes, ce nouvel album n’en reste pas néanmoins une petite bombe de groove. Et vu le temps en France ça fait pas de mal hein ma bonne dame ? (TEMPS DE LECTURE : 1min 20). 

a3269410691_16.jpg

Obtenir des infos sur Yung Bae n’est pas chose évidente. Un site en construction, des réseaux sociaux aux infos limitées et vous vous dîtes :  » merde comment évoquer son parcours ? ». Et bien en y réfléchissant bien, il vous suffit juste d’écouter l’ensemble de ses opus ,dévoilés depuis Juin 2015 , pour cerner l’univers du dj made in Portland.

Le garçon a deux passions : le funk disco et les mangas. Alors comment combiner les deux me direz-vous ? Et bien l’artiste y arrive, de façon globale, en mixant des voices asiatiques et les codes du funk soul : les riffs guitares ,un peu électro, et les cuivres comme le saxo. Depuis Avril, Yung Bae a laissé de côté la partie manga  pour nous proposer « BAE 2 » qui sent bon les soirées à Los Angeles ou à New York.

Hop c’est parti on appuie sur le premier titre pour se faire une idée … BIM  » You are Love ». L’expression  » plaisir des oreilles  » prend tout son sens. Difficile de ne pas bouger le derrière tant la musique est percutante, mélodieuse, agrémentée d’une voix féminine très raffinée et d’incrustations saxo très bien sentis. Bref ça démarre fort. Et à l’image de ce titre plusieurs pistes  : « Kiki », « Slam Jam », Party In Me », nous font ressentir cette même sensation. Celle d’être à la fois sur une plage de Miami ou dans une boîte new-yorkaise des années 90 à se déhancher de façon naturelle sur le tempo. 

On apprécie également les titres un peu plus lounge qui restent disco dans l’âme . Ces derniers permettent, à la limite, d’apprécier encore plus le travail de composition de dj. Notons par exemple les excellents « Here With Me », « Ain’t Nobody Like You ». Ce dernier titre qui vous donne carrément l’impression d’être à l’intro d’un show Comedy Club à New-York. 

Bien sûr, cet opus ne plaira à tout le monde. Les amoureux d’une ambiance plus dark trouvons les sons un peu clichés, un peu convenus et faussement modernes. Pour notre part, les codes du disco, de la funk et de l’ambiance soulful sont respectés et bien respectés. Le tout avec une certaine originalité que les futures années de mix du dj vont permettre d’améliorer et d’affiner. Move On Up !

ALBUM EN ENTIER

Parson James

Parson James : La musique comme thérapie

Parson-James-Temple

L’américain Parson James dévoile depuis Février son premier EP « The Temple ». Un opus entre pop, gospel et r’n’b, plein de sincérité et de générosité. La vie de l’artiste en est certainement la cause. (TEMPS DE LECTURE 1 min 20)

Parler de Parson James c’est d’abord conter un destin qui prouve une vraie force de caractère. Né d’un père blanc et d’une mère noire, Parson n’a jamais connu ses grands-parents maternels qui coupent les ponts avec leur fille face à cette relation interraciale. Jeune, il découvre l’église au sein d’une famille très religieuse. Il y découvre l’esprit et l’âme du gospel. Il y découvre aussi ses codes et ce style musical où les voix féminines ,entre finesse et force, se mêlent à merveille  au piano et aux orgues.

2ème étape : L’adolescence. A 17 ans, le natif de Caroline du Nord annonce son homosexualité et décide de partir à New-York pour ne pas supporter les remarques désobligeantes de sa famille et de sa ville ultra-conservatrice. Dans la Big Apple, Parson se fait des connaissances, développe son talent et parvient à décrocher le Graal à force de rencontres : un contrat. Il signe sur le réputé label RCA Records et dévoile « Stole the Show » en duo avec le dj norvégien Kygo. C’est un succès retentissant. Il n’en fallait pas plus pour que l’impatience d’un premier opus se fasse ressentir. Il aura fallu attendre Février et la sortie de son tout premier projet :  » The Temple ». Tiens tiens, le temple. 

Alors comme tout premier EP, il est difficile de juger pleinement un artiste car le nombre de titres n’est pas suffisant pour émettre un avis générale. En revanche, il permet bien souvent d’y voir la sincérité et la volonté d’originalité d’un chanteur ou chanteuse. Sur les deux points, Parson James réussit brillamment l’examen de passage. Les 5 titres de l’opus nous embarquent dans un univers pop-r’n’b gospel tout à fait appréciable. Accessible mais pas commercial à outrance, l’album regroupe des titres mélodieux tantôt slows, tantôt darks, tantôt festifs. On ressent tout l’esprit du gospel et ses codes : le piano et les beats puissants lourds qui ressemblent fortement à une chorale qui applaudit et soutient son leader. Du côté des textes, l’inspiration est toute trouvée. A l’image de sa musique, sa vie est mise en avant.

En somme ce n’est qu’un début mais un excellent début. La preuve en est avec le nombre d’écoutes sur Spotify qui dépassent le chiffre impressionnant de 274 millions. Même tendance du côté des producteurs télés Us. L’américain est déjà venu interpréter ses titres dans le Tonight Show de Jimmy Fallon et de celui de James Corden.  Vivement la suite. 

Coups de coeur : « Temple », « Stole the Show », « Waiting Game ».

%d blogueurs aiment cette page :